Editos

29/11/2018

À Bruxelles, la présence des institutions, organisations et entreprises internationales est vitale pour notre économie et nos emplois. C'est pourquoi, comme Secrétaire d’Etat au commerce extérieur, je saisis les opportunités qu'offre le BREXIT pour attirer de nouveaux investissements dans notre Région.

Si le contexte du BREXIT est source d’incertitude pour les investisseurs et entreprises étrangères basées à Londres, pour Bruxelles, c’est le moment de convaincre ceux-ci de faire le choix de la sécurité. Installer dans la capitale de l’Europe leurs activités en direction d’un marché de plus de 500 millions de consommateurs est, pour ces entreprises, LA SOLUTION DE SECURITÉ. Je veux les en convaincre.

Au départ de la plateforme BREXIT que je pilote, je viens donc de lancer cette nouvelle campagne qui se diffuse avec succès dans les médias spécialisés du Royaume-Uni actuellement.

Cette campagne ciblée concerne 3 secteurs : le secteur financier et assurances, celui de l'audiovisuel et celui des sciences du vivant. Tous trois sont réglementés par l'UE, ils ont des centres d'activité au RU orientés vers l'UE, et dans ces trois secteurs nous avons des avantages concurrentiels à faire valoir.

Trois atouts communs pour un impact maximal. Trois atouts pour trois secteurs cibles. Pour rassembler nos moyens pour plus d’efficacité. Parce que je veux le meilleur Bruxelles et les Bruxellois.es ! D'autres actions ont été menées depuis 2016, découvrez-ici mon plan d'action pour Bruxelles dans le contexte du Brexit.

Cécile JODOGNE,
secrétaire d’Etat au Commerce extérieur

La campagne Brexit de Cécile Jodogne pour attirer les investisseurs étrangers est lancée

 

 

30/10/2018

Notre système de santé est l’un des plus performants au monde, mais il est confronté au vieillissement de la population et au développement des maladies chroniques. D’autres défis sont à relever : la progression constante du coût des soins, la pénurie d’offre dans certaines parties du pays et les inégalités entre les citoyens face à leur santé. En Belgique, théoriquement, les soins sont les mêmes pour tous. Or, un ouvrier a une espérance de vie de 7 ans inférieure à celle d’un cadre. Le travail, le logement, l’environnement, l’alimentation, le stress, la consommation d’alcool et de tabac, la sédentarité, le niveau d’information, …autant de facteurs qui expliquent ces disparités.

L’existence d’inégalités sociales de santé est une réalité. Elle doit constituer une préoccupation majeure des responsables politiques. La Commission européenne attire d’ailleurs l’attention des Etats-membres sur l’augmentation de ces inégalités et sur la nécessité de « trouver des moyens novateurs pour toucher efficacement les groupes défavorisés ».

Les causes de cette précarité se situent bien en amont de la demande d’accompagnement. Le concept de « santé dans toutes les politiques » mis en avant par l’OMS prend ici tout son sens et fait son chemin parmi les décideurs. Il est inscrit dans le Plan de promotion de la santé 2018-2022 du Gouvernement francophone bruxellois, dans le Plan santé de la Cocom et dans les protocoles liant les Ministres au sein de la Conférence interministérielle de la santé publique. Il implique une concertation large, bien au-delà de la seule compétence « santé ».

Les spécificités de Bruxelles sont souvent soulignées : son caractère exclusivement urbain, sa diversité culturelle, sa population plus jeune en comparaison des deux autres régions, la précarité dans certains quartiers, sa complexité institutionnelle… Mais aussi un tissu associatif très riche. Tout cela en fait un véritable laboratoire.

Les acteurs de terrain le rappellent régulièrement : ils sont confrontés à des populations de plus en plus précaires, plongées dans des situations de plus en plus difficiles, formulant des demandes de plus en plus complexes. Loin du fatalisme, ces acteurs réagissent. Ils mettent leurs constats en commun, les relayent auprès des décideurs et développent des « bonnes pratiques ». Mon rôle comme responsable politique est de les écouter, d’analyser et de coconstruire des pistes d’amélioration et des solutions innovantes.

Depuis cette législature, la Commission communautaire française exerce la compétence de la promotion de la santé. Avec un décret ambitieux et un plan détaillé, de nouveaux axes de travail sont proposés aux acteurs de terrain : soutien aux approches intersectorielles et à la participation des usagers, lutte renforcée contre les inégalités, préoccupation transversale pour le genre, appui aux actions utilisant les nouvelles technologies de l’information, etc.

Ces axes viennent compléter une vision de la santé basée sur l’accessibilité, la proximité, la qualité. Cette vision favorise une approche globale de la santé qui renforce notamment les capacités des individus et des collectifs à l’échelle locale.

L’usager est au centre de cette vision. Demain, nous pouvons aller encore plus loin, en décloisonnant davantage les domaines d’intervention et en encourageant les services à s’adapter en continu aux besoins changeants de la population. Cela exige de disposer d’une photographie rigoureuse des problématiques, de faire preuve de souplesse, de poser un regard critique sur ses propres actions, de faire preuve d’inventivité… Les premiers pas d’une réforme ambitieuse sont posés. Le travail doit se poursuivre dans les années à venir, en concertation avec le terrain.

La santé est un révélateur de l’état d’une société. La politique de santé doit être un moteur de changement social. Elle doit se construire avec les citoyens, dans une optique de démocratie sanitaire. C’est ma conviction, il en va de notre bien-être à toutes et tous.

Cécile Jodogne

20/07/2018

Les sanctions Google : pas d'opportunismeGoogle est donc une nouvelle fois sanctionnée par l’UE pour ses pratiques d’abus de position dominante. On entend deux sons de cloches. Certains soulignent cette aubaine financière pour l’Europe et ses pays membres. D’autres s’enthousiasment de cette action qualifiée de politique qui mettrait de l’ordre dans la nouvelle économie, un nouveau monde sauvage dirait-on.

Aucune de ces lectures des sanctions de la Commission n’éclaire suffisamment la complexité des enjeux. Y voir une opportunité financière est tout simplement dégrader l’action de la Commission et c’est peu honorable pour les Etats membres supposés y trouver un intérêt immédiat dans le contexte post-Brexit. Et par ailleurs se féliciter béatement de la sanction est méconnaître la nature des changements de paradigmes qui influencent les relations entre les acteurs technologiques, économiques et commerciaux au cœur de ces éco-systèmes.

Il est temps d’avoir la clairvoyance de reconnaître l’installation durable et irréversible de nouveaux acteurs économiques qui de par leur modus operandi ont instauré de nouveaux rapports économiques pour la production de plus-values.

Les précurseurs qui laissent ouvert et libre l’accès à tout ou partie de leur innovations, acquièrent une position centrale, voire dominante, et leur développement en rhizome permet à une quantité d’autres acteurs d'émerger en tant que potentiels nœuds de développement.

La position dominante dont il est question est donc constitutive de la dynamique à l’œuvre. C’est ce développement nodal qui permet l’émergence des startups prestataires de services. Les innovations réalisées permettent d’ailleurs, entre autres, une gestion publique plus en phase avec les besoins et plus efficace, je pense notamment aux applications smart cities.

Demain, d’autres sociétés tomberont inévitablement sous le coup des sanctions. Se contenter de sanctionner sans entrer dans une logique collaborative avec les acteurs concernés pour favoriser l’élaboration de solutions, c’est prendre le risque de voir nos actions réduites à la recherche d’opportunités financières. Eviter cet écueil, c’est vouloir donner à l’Europe et à tous les Etats membres un rôle central à jouer pour une meilleure intégration démocratique de la nouvelle économie.

Certes il faut réguler, réglementer. C’est le rôle de la Commission et l’Europe montre à quel point elle peut être leader en matière d’éthique démocratique et de protection des libertés individuelles dont la protection de la vie privée est un fondement. Le Règlement Général pour la Protection des Données (RGPD) en est exemplaire. Nous montrons ainsi notre capacité à mettre en place des contrepoids efficaces face aux excès de cette nouvelle économie. Car l’enjeu est aussi idéologique face à l’offensive des radicaux du néolibéralisme qui instrumentalisent la dynamique attractive de l’innovation au profit d’intérêts particuliers.

Cécile Jodogne